La Quebrada de Las Conchas Samedi, 24 Août 2013 00:00 En Escale 24 aout, La Quebrada de la moule …. enfin de las conchas !Voilà 2 jours que Malou est partie, je ne veux pas m'encrouter à Salta, demain je pars&nb Lire la suite... Dixie Vendredi, 23 Août 2013 23:49 Vincent Destouches Rodrigue dit Hot Rod Létourneau et sa femme Ursule sont rentrés d’un souper bien arrosé pour constater que les congélateurs dans leur garage avaient été vidés. Il n’est pas inhabituel de cadenasser son frigo dans le coin, surtout si on possède du bétail. C’est connu, les voleurs de viande se paient parfois des visites sur les propriétés des éleveurs, au milieu de la nuit, dans l’espoir d’y rencontrer une serrure à forcer ou mal fermée. Chez Hot Rod, tout était en règle ; cela dit, un padlock ordinaire ne recèle pas de mystère pour le bum moyen.
Dans l’obscurité, il faut imaginer le bum en question arriver lentement en pick-up sur le chemin de Philipsburg. Un prédateur humant l’air des deux côtés de la route. Il ralentit quand il constate l’absence de signes de vie sur la propriété de Rodrigue. Il poursuit sa course et, au croisement du rang Corriveau, fait demi-tour. Il éteint ensuite les phares de son camion en montant la côte avant d’arriver à la hauteur de la ferme, interrompt le rock éructant d’une vitre à moitié ouverte par laquelle il lance un mégot de cigarette. Dans la fraîcheur du chemin de Philipsburg, la cendre encore vive virevolte et se désagrège sur la garnotte – une étoile filante en tire-bouchon. Il se stationne de reculons vis-à-vis de la grande porte du garage. Il coupe le moteur et s’équipe de gants de travail. Avant de bouger, il tend à nouveau l’oreille pour s’assurer que la voie est libre et sort enfin du camion en demeurant légèrement penché – une hyène dans les Cantons. Le long du pick-up, il glisse vers le garage, constate l’absence de poignée qui permettrait d’ouvrir par l’avant, franchit en quelques pas l’espace séparant son camion du bâtiment, qu’il contourne en longeant le revêtement. Il entre par la porte arrière du garage, après avoir défoncé la fenêtre. Le bruit de la vitre cassée résonne dans la noirceur, amplifié par les parois de roc de la cour arrière de Hot Rod. À l’intérieur, le bum brise la serrure des congélateurs avant d’ouvrir la grande porte et commence à transférer la marchandise. À l’arrivée des Létourneau, les congélateurs alignés sur le mur du fond grognent, béants. Une fraîcheur plastique émane de leur gueule grande ouverte. En tout, trois cents livres de côtes, de flancs, de surlonges, de jarrets, de steaks de ronde, d’épaules et de t-bones ont disparu. Trop occupés à passer la région au peigne fin à la recherche d’un évadé de la prison de Cowansville, les enquêteurs des Verts prennent la déposition de Hot Rod par téléphone. La viande, elle, doit être acheminée vers un autre congélateur en peu de temps. Entre le canton de Bedford et Saint-Armand, les insomniaques du rang Dutch voient un Dodge Dakota filer comme une balle vers le sud. L’éclat des phares a tout juste le temps de s’imprimer sur leurs rétines somnolentes, le pick-up a déjà disparu dans un croche de sentier de fond de champ. Dans son sillage, un rock gras tonitrue et éloigne la fraîche. La suite ? Dans le livre… Cet article Dixie est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... Un peu de nous Vendredi, 23 Août 2013 23:45 David Desjardins  Illustration : Luc Melanson J’ai neuf ans, nous jouons à police-bandit. Traqué par les forces de l’ordre en culottes courtes, je me faufile entre une haie de cèdres et la maison qu’elle borde, me demandant pourquoi on devient un criminel. Je veux dire : qui a envie d’être sans cesse pourchassé ? Et je me rends compte que si cette question refait surface aujour-d’hui, c’est que je ne saisis toujours pas ce qui se passe dans la tête des voleurs, menteurs patentés et autres bandits que la verdeur de notre langue permet de désigner de manière délicieusement licencieuse : des « crosseurs ». Deux choses m’échappent. La capacité de vivre avec la culpabilité ou de s’y soustraire. Et aussi cet égo aux proportions pachydermiques dont il faut dis-poser pour croire qu’on peut berner la police quand, il me semble, tous finissent par se faire prendre. « Sauf que ce n’est pas vrai : tout le monde ne se fait pas prendre », m’explique Jean Proulx. Je trouve plusieurs réponses chez cet expert, qui n’est nul autre que le directeur de l’École de criminologie de l’Université de Montréal. En marge de la culture du crime plus spectaculaire à laquelle j’ai toujours été exposé, il me parle des carriéristes qui évitent de faire des vagues. Ceux qui naviguent avec discrétion, en évitant les écueils. « Je ne peux pas vous résumer tout ce monde en quelques minutes, je donne deux cours de 40 heures sur le sujet », insiste mon interlocuteur. Sauf que je veux quand même qu’il m’aide à comprendre. Non pas qu’il m’ouvre une porte, mais seulement une fenêtre pour voir à l’intérieur de la tête des petits truands ordinaires. L’exotisme ombrageux des mafiosi est trop loin de moi pour que je puisse comprendre ce qui motive ces gens. Même chose pour les psychopathes narcis-siques qui méprisent le monde entier et se croient au-dessus de tout. Ceux-là sont simplement dingues. L’objet de ma fascination, ce sont les pions. Ceux qui n’ont pas le profil. Ils ne s’extraient pas de la misère par le crime. Ils ne souffrent pas d’indigence intellectuelle (quoique parfois…) ni d’exclusion. Ils ont étudié, ont souvent des carrières lucratives. Ils ont beaucoup. Et tout à perdre. Ce sont aussi des gens dont je partage les racines sociales, issus de la classe moyenne. Piscine, ton-deuse et maison. Je n’arrive donc pas à comprendre par quel chemin de traverse, entre le bureau et le bungalow, on devient un truand. Jean Proulx m’explique que, contrairement à moi, il y en a que le risque excite. Autrement, il y a les criminels « raisonnables », qui considèrent la possibilité d’aboutir en prison comme un aléa à comptabiliser dans la colonne des pertes. D’autres, dont la morale est plus malléable, voient dans le crime un moyen d’améliorer leur situation financière si l’occasion se présente. Puis, il y a ceux que l’appât du gain rend un peu cons. « Parfois, leur analyse est même complètement faussée », me dit-il. Constatant l’étendue de ma naïveté, je remarque cependant que les crimes de ces fonctionnaires, entrepreneurs, politiciens, administrateurs et organisateurs politiques me fascinent dans ce qu’ils ont de banal. On n’est pas si loin du travail au noir, des « oublis » dans la déclaration de revenus, des achats payés « en argent comptant, sans taxes » et de toutes les petites entorses par lesquelles la personne honnête ne l’est plus tout à fait. Des larcins bénins, où l’on vole pourtant l’État, là aussi. J’ouvre de nouveau la télé. Je regarde défiler ces directeurs généraux de municipalité accusés de gangstérisme. Leur logique est celle du « ça ne fait de mal à personne », poussée jusqu’à l’extrême. Et c’est pour ça que ces gens me troublent. Le malaise vient de ce miroir qui, s’il ne reflète pas ma propre image, renvoie un peu celle du voisin, d’un ami, d’une connaissance. Lorsqu’on décortique la pensée de ces crosseurs, comment ils justifient leurs gestes, on découvre, non sans horreur, qu’il y a un p’tit peu de nous autres là-dedans. * * * Je m’en voudrais de donner ici raison aux confrères de Maclean’s qui avaient proclamé le Québec « province la plus corrompue ». Parce que j’ai l’intime conviction qu’il suffit de chercher pour trouver. N’importe où. Comme au Sénat, tiens. La triche n’est pas québécoise. Elle est humaine. Trop humaine. Cet article Un peu de nous est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... Dans le lit des artistes Vendredi, 23 Août 2013 23:36 Jacques Godbout  Hot Dog Bean Soup (1969), d’Andy Warhol, figure clé du pop art. – Christie’s Images / Corbis Selon les sociologues Gilles Lipovetsky et Jean Serroy, si le capitalisme ne répugne pas à spolier l’environnement pour en tirer profit, il n’en réussit pas moins à produire de la beauté, au point que l’on peut désormais parler d’un « capitalisme artiste », créateur d’une esthétisation du monde, comme en rêvait l’artiste américain Andy Warhol. Pendant que la gauche dénonçait le capitalisme industriel et son insensibilité au chômage ou à la misère, celui-ci s’est glissé en douceur dans le lit des créateurs et a pris le contrôle du marché de l’art. On connaît les grandes périodes esthétiques. La première puisait sa force dans le sacré, nous offrant la statuaire grecque, les cathédrales ou les arts premiers. À la Renaissance, les cours royales, pour asseoir leur autorité, s’entouraient de jardins, de châteaux et d’œuvres élégantes. Au troisième âge de l’esthétisation du monde, la bourgeoisie encourageait les artistes à revendiquer la liberté créatrice et le droit à l’individualité. L’artiste le plus célèbre de ce courant fut Picasso. Or, aujourd’hui, Picasso est aussi le nom d’une automobile. Le quatrième âge esthétique est en marche. Une grande exposition muséale associée à une marque de commerce, le nom d’une banque affiché sur la marquise d’un théâtre, les commanditaires d’un festival de films rappellent chaque fois que le capitalisme trouve dans ces donations l’occasion de modifier votre perception de l’investissement culturel. Si le capitalisme industriel se cantonnait dans la fabrication en série, le capitalisme artiste investit dans vos émotions, misant sur la distinction et l’originalité. Les architectes contemporains de renom conçoivent des gratte-ciels aux structures innovantes qui donnent aux villes leur signature. Même les objets les plus usuels sont le produit d’un design, c’est-à-dire d’une pensée esthétique. Ce souci est omniprésent, les vitrines et étalages sont conçus comme des tableaux, les bars, hôtels, restaurants ou magasins sont habillés par des plasticiens-décorateurs. La plus importante industrie du monde, le tourisme de masse, mise sur la valorisation des cultures locales et de l’histoire, chaque destination devant être une expérience nouvelle. Dans les médias, le capitalisme artiste définit les tendances de la mode et installe le pouvoir de ses vedettes. Est-ce dire que cette mutation du capitalisme répond aux ambitions de l’humanité ? L’esthétique proposée est celle de la consommation et du divertissement, l’art ne répond plus aux questions philosophiques sur l’existence, la magie sert le tiroir-caisse. Le capitalisme artiste a cannibalisé la création artistique et instillé partout l’obsolescence, comme hier dans les grille-pains. La gauche a combattu avec succès le capitalisme industriel et sa volonté d’asservir les sociétés : devra-t-elle de la même manière combattre le nouveau capitalisme ? Comment dénoncer la beauté et le plaisir ? L’esthétisation du monde est un ouvrage touffu, à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui arrive à point. 
L’esthétisation du monde Par Gilles Lipovetsky et Jean Serroy Gallimard 493 p., 36,95 $. Cet article Dans le lit des artistes est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... Quand la France neutralise ses bombes centenaires Vendredi, 23 Août 2013 23:20 Michel Arseneault  Photo : Michel Arseneault Pour jouer avec le feu, mieux vaut s’armer de patience. Un faux mouvement, un moment d’inattention, et c’est la catastrophe. Tous les démineurs le savent. Mais ceux du nord de la France mieux que les autres : en Europe, personne ne ramasse, année après année, autant d’obus, de bombes et de grenades qu’eux. En 2010, année record, ils ont recueilli 180 tonnes de « munitions non explosées », remontant pour la plupart à la Première Guerre mondiale. Et ce n’est pas parce qu’elles ont 100 ans qu’elles sont moins dangereuses : les explosifs et les armes chimiques, notamment le célèbre gaz moutarde, n’ont pas de date de péremption. « Vous manipulez 10 000 obus et il ne se passera rien, mais le suivant va vous péter dans les mains », explique Patrick Rochet, chef du Centre de déminage d’Arras, à 70 km de la frontière belge. « C’est ça le déminage : il y a toujours des impondérables. » Le chiffre de 10 000 n’est pas une figure de style. Pendant la « guerre de 14 », des centaines de millions d’engins explosifs, peut-être même des milliards, sont tombés sur l’Europe, et tout particulièrement sur la région frontalière entre la France et la Belgique. On pense que 30 % des obus ont fait long feu, soit à cause d’un défaut de fabrication, soit parce qu’ils ont heurté un sol trop mou. Comme il leur arrivait de tomber dans des champs déjà « labourés » par les déflagrations, ils s’immisçaient dans le sol au lieu de le frapper de plein fouet. Leur percuteur ne pouvait donc pas allumer la charge explosive. Arras a été le théâtre de deux grandes batailles. Les Allemands y ont affronté des troupes françaises en 1914, puis des troupes du Commonwealth, notamment canadiennes, à partir de 1916. La ville fut presque entièrement détruite, y compris ses plaisantes places baroques (avant d’être reconstruites à l’identique). De nos jours, ce n’est pas la ville mais la campagne environnante qui rappelle ce que fut la « Grande Guerre ». Car entre les champs de pommes de terre et de betteraves à sucre ont poussé des cimetières, quantité de cimetières, toutes sortes de cimetières, tantôt militaires, tantôt civils, souvent discrets, parfois triomphalistes. Si l’Arc de triomphe, à Paris, comme le Monument commémoratif de guerre, à Ottawa, célèbrent le soldat inconnu, ces cimetières murmurent le nom du soldat connu, celui dont une croix, une plaque ou une pierre tombale garde une trace. Cette plaine fertile, les démineurs ne cessent de la sillonner. L’érosion provoquant le tassement des sols, ces derniers recrachent des munitions non explosées sans discontinuer. Il s’agit parfois de « cafus », des restes d’obus qui ont fusé (fondu) au lieu d’exploser. Il s’agit souvent d’engins rouillés et terreux qui, malgré leur apparence, sont encore capables de tuer. Ce que les enfants ignorent et que les brave-la-mort feignent d’ignorer : des clochards arrachent parfois aux obus leur ceinture en cuivre pour la revendre aux ferrailleurs… Au lendemain de la guerre, l’abondance des munitions non explosées (celle des cadavres aussi) poussa le gouvernement français à interdire de nombreuses activités dans les environs, déclarés « zone rouge ». Aujourd’hui, la vie a repris le dessus — même si elle a parfois besoin d’un petit coup de pouce des démineurs.  Une scène répétée des milliers de fois : des brancardiers évacuent un blessé durant la bataille de la crête de Vimy, en avril 1917. – Photo : IAM / AKG Ces derniers m’ont invité à passer une journée avec eux. En France, ils relèvent de la Sécurité civile — c’est écrit en toutes lettres sur les véhicules rouges dans lesquels ils circulent — et donc du ministère de l’Intérieur. (Dans la plupart des pays, ils relèvent plutôt de la Défense.) Je n’ai pas droit à un exposé sur les consignes de sécurité, mais plutôt à un soupçon de suspense, car mes hôtes me promettent « une surprise ». J’accompagne deux démineurs confirmés (ces spécialistes travail-lent toujours en équipe). Christian Kowal, silhouette de marathonien, lunettes de prof, c’est l’intello : il est l’auteur d’ouvrages spécialisés sur la défense antiaérienne allemande. Son coéquipier, Frédéric Larroque, plus costaud, plus bonhomme, c’est le pratico-pratique. Ce qui lui plaît dans son travail ? « Retirer des objets dangereux à la portée de tous », répond-il sans hésiter. Il n’a pas tort. Car ces « objets » continuent de provoquer des accidents. Il arrive que des enfants jouent avec ces gros pétards. « Un garçon a déjà apporté une grenade à l’école, raconte Larroque. Il trouvait que c’était une bonne façon de parler de la guerre de 14. L’institutrice était moins d’accord… » Elle a eu droit à une grosse frayeur, mais personne n’a été blessé. Ce n’est pas toujours le cas. En mars dernier, rapportait le quotidien La Voix du Nord, sept personnes ont été intoxiquées après que des employés de la voirie eurent percé accidentellement un obus chimique à Warneton (du côté belge de la frontière). Les agriculteurs restent les premiers concernés. Pendant la période des labours, le Centre de déminage d’Arras reçoit jusqu’à 30 demandes par jour ! Les démineurs cherchent à intervenir dans les 48 heures. Ce n’est pas toujours possible. Ces fonctionnaires français, toujours moins nombreux, sont eux aussi visés par la règle adoptée sous l’ex-président Nicolas Sarkozy : le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux.  À Monchy-le-Preux, une statue de bronze – un caribou grandeur nature – honore le Régiment de Terre-Neuve, qui a perdu des centaines d’hommes à l’est de ce village le 14 avril 1917. – Photo : Olivier Bacquet / Flickr Premier arrêt : Vis-en-Artois, au sud-est d’Arras. Chez Patrick Caron, cultivateur. Sa ferme jouxte un imposant monument commémoratif qui rappelle que 9 843 soldats britanniques et sud-africains ont été tués par ici pendant les trois derniers mois de la guerre. Caron, comme son grand-père et son père avant lui, s’inquiète de tomber sur un obus pendant la récolte. Car son arracheuse de pommes de terre ne ramasse pas que des tubercules… « Ici, dès qu’on commence à creuser, on est servi », soupire-t-il. Il prend l’initiative de ramasser les cafus. Quand je suis passé, il y en avait toute une pile à côté de sa maison en briques. Mais il préfère appeler les démineurs quand il repère un engin qui paraît en bon état. Il sait que cela peut mal tourner. Dans le village voisin, un cultivateur a déjà été blessé au dos par des éclats lorsque son tracteur a percuté un obus. Les démineurs identifient vite l’engin britannique que leur montre Caron. En le soulevant, ils comprennent qu’il renferme un gaz de combat (qu’on qualifierait aujourd’hui d’arme chimique). Mais quoi exactement ? À première vue, de l’iodacétone ou de la chloropicrine, deux puissants lacrymogènes, croit Kowal. Deuxième arrêt : Monchy-le-Preux. Le propriétaire d’un terrain a trouvé une grenade britannique. Malgré son air vieillot, l’intérieur en est, selon toute vraisemblance, étanche. « Un enfant qui tirerait sur la goupille la ferait certainement exploser », explique Patrick Rochet. Celle-ci, tout particulièrement, ferait de graves dégâts, puisqu’il s’agit d’une grenade « défensive », capable de projeter des éclats à 250 m. (Contrairement à ce qu’on pourrait croire, une grenade « offensive » serait moins dangereuse, parce qu’elle est destinée à faire du bruit et du souffle pour déstabiliser l’ennemi.) Troisième arrêt : Fampoux, au nord-est d’Arras. On a trouvé un engin explosif — j’ai droit à la surprise annoncée — dans un cimetière ! Il est vrai que ce village de 1 000 habitants en compte six, de cimetières ! C’est un obus allemand de 15 cm, un engin de moyen calibre qui pèse quand même 42 kilos. Kowal et Larroque me font remarquer qu’il est couvert par endroits d’un enduit grisâtre. C’est du zamak, un alliage de cuivre et de zinc inventé en 1916 et vite utilisé dans la fabrication d’obus. (Ce n’est que beaucoup plus tard qu’il servira à faire les célèbres voitures miniatures Dinky Toys.) Après avoir délicatement déposé cette indélicate cargaison dans leur camionnette, les démineurs se dirigent vers le dépôt de la Gueule d’Ours, lieu-dit au nord de Vimy. C’est là, derrière de hauts murs coiffés de fil rasoir, que l’on conserve les munitions non explosées de tout type. Triées par calibre et rangées dans des caisses en bois, certaines sont en bon état. On trouve aussi au dépôt des pièces rares, notamment les restes d’une bombe Disney, l’une des plus grosses de la Deuxième Guerre mondiale. À l’origine, elle faisait plus de cinq mètres ; il n’en reste que la moitié. Non loin d’elle, des bombes « à long retardement et à piège » sommeillent au fond de leur caisse. Une fois amorcées, elles pourraient mettre 144 heures à exploser. Le piège qu’elles renferment, rarement le même, est destiné à celui qui tenterait de les neutraliser. Ici, pas question de confondre obus toxiques et explosifs. Les premiers seront détruits au camp militaire de Sissonne, au nord de Reims, avec de la tolite, communément appelée TNT ; et les seconds, démantelés dans une usine d’armes chimiques de l’Aube (nord-est de la France). Toutes ces pièces d’artillerie ne partiront pas en fumée. Les démineurs conservent les spécimens rares pour leur « musée », deux bureaux au rez-de-chaussée du Centre de déminage d’Arras. Dans l’un d’eux, on trouve des armes anciennes : des obus de la guerre franco-allemande de 1870, un projectile en acier du XVIIe siècle et même une grosse boule de pierre lissée, que personne ne se hasarde à dater. La vétusté de ce boulet fait sourire, mais pas les risques de ce boulot. En 2007, deux démineurs ont été tués dans l’explosion d’un entrepôt de munitions à Ressaincourt, en Moselle, dans l’est de la France. En 2012, deux autres ont été grièvement blessés près de Marseille. Kowal lui-même a déjà été hospitalisé pour un morceau de métal dans la cuisse après une « maladresse » d’un collègue, qui est resté handicapé. « Ce métier, il faut le chérir pour rester en vie, dit-il, prendre conscience des risques et ne pas jouer les apprentis sorciers. » Larroque, toujours aussi pragmatique, évite de parler de ses journées à sa femme. Comme tout le monde, elle sait sans doute que l’Armistice a été signé le 11 novembre 1918. Mieux que d’autres, elle sait toutefois que les obus s’en fichent. Cet article Quand la France neutralise ses bombes centenaires est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... Viaduc de Millau pont Champlain même combat Vendredi, 23 Août 2013 23:04 Julie Barlow  Le viaduc de Millau, en France, est l’un des ponts à haubans les plus spectaculaires d’Europe. Fruit d’une collaboration entre Michel Virlogeux et l’architecte britannique Norman Foster, il a été inauguré en 2004. – Photo : Bob Gibbons / Alamy Quel est le plus grand défi d’un concepteur de ponts ? En dehors de l’aspect purement technique, on perd beaucoup de temps à gérer les avis divergents et les pressions. L’Administration veut donner son point de vue. Le concessionnaire a son propre conseiller. Le constructeur essaie de dépenser le moins possible. Les prêteurs aussi ont une opinion. Pour le viaduc de Millau, il y avait 60 millions de candidats concepteurs — chaque Français avait son opinion ! Le concepteur général doit donc tirer une charrue terriblement alourdie par l’aspect « relationnel ». Comment gérer ces attentes parfois opposées ? Tout le monde veut un pont solide, durable, beau, pas cher et vite construit. Mais il est impossible de réunir ces cinq critères. Alors il faut faire des choix et les assumer. À Millau, à cause des vents très forts, il fallait ajouter des barrières de sécurité pour réduire l’action du vent, mais certains refusaient bec et ongles, parce que ça coûtait plus cher ! Un bon concepteur doit avoir une vision globale équilibrée entre la sécurité, l’élégance et le prix. Bien des gens ont des idées brillantes, mais il faut les amener à en voir le coût ou les répercussions. Le pont Champlain doit être reconstruit après seulement 50 ans. Comment faire durer un pont ? Un bon pont devrait durer 100 ans, grâce à une bonne qualité de construction. Mais même avec la qualité absolue, sa durée de vie dépendra de l’entretien. En 1973, à New York, une section d’une autoroute surélevée [NDLR : la West Side Highway] s’est écroulée 38 ans seulement après sa construction. Pourquoi ? Parce qu’on n’avait pas de budget pour repeindre l’ouvrage ! Il a rouillé et s’est effondré. Et il a fallu reconstruire l’ensemble de l’autoroute. Un pont en métal, il faut le peindre tous les 15 ans. Et un pont en béton, il faut le nettoyer, colmater la moindre fissure… L’inspection est aussi primordiale. En France, il y a une inspection de routine chaque année, puis une visite plus approfondie tous les trois ans, et une inspection détaillée tous les six ans.  Michel Virlogeux a conçu plus de 100 ponts dans le monde. Il y a trois ans, il travaillait avec la société québécoise Dessau à une préétude en vue de la construction du nouveau pont Champlain. Vous dites 100 ans, mais pourquoi pas 200 ans ou plus ? Après tout, les ponts romains ont 2 000 ans ! Certains ponts romains, oui : les quelques-uns qui ne se sont pas écroulés. En réalité, les ponts romains n’étaient pas tous solides. À Tours, lors des crues de la Loire de 1978, un pont romain s’est effondré. Heureusement, on a noté la même faiblesse structurelle dans les fondations du pont du Gard, et on s’est précipité pour couler du béton afin de renforcer ses fondations. Autrement dit, si le pont de Tours ne s’était pas effondré, le pont du Gard ne serait peut-être plus là aujourd’hui ! En théorie, au regard des techniques actuelles, nous pourrions peut-être construire pour 1 000 ans, mais ça ne serait pas pratique, parce qu’on ne connaît pas l’avenir. Quelle sera la circulation dans cinq, sept ou dix siècles ? À quoi servira le pont ? Quel sera le contexte socioéconomique ? Une échelle de 100 ans est donc raisonnable, parce que c’est celle que l’on peut prévoir. Qu’est-ce qui définit un pont « réussi » ? Un pont est réussi quand il est bien adapté à son emplacement et à sa fonction, pas trop lourd, avec de belles formes. Quand le pont est beau, la question ne se pose pas, les gens le voient tout de suite ! Lors de l’inauguration du viaduc de Millau, en 2004, il y avait des télés du monde entier. Les premières années, il recevait 10 000 visiteurs chaque semaine. C’est un pont réussi. Quels sont les problèmes propres aux ponts du Québec ? L’hiver. Et plus particulièrement le sel de déglaçage, qui corrode le métal et attaque le béton. L’état de l’échangeur Turcot est typique de l’effet des sels de déglaçage sur un béton poreux. Dans un béton normal, il y a 3 % ou 4 % de vide. C’est par là que pénètrent les chlorures, qui provoquent la corrosion. Donc, pour un prochain pont au Québec, il faudra utiliser des bétons de haute performance, avec une grande compacité et peu de vide. Et ces bétons ultrarésistants ne coûtent pas beaucoup plus cher. C’est donc la mauvaise qualité du béton qui explique les problèmes du pont Champlain ? Il ne faut pas jeter la pierre ! Le béton de haute performance n’existe que depuis 30 ans. Il était inconnu au moment de la construction du pont Champlain, de 1955 à 1962. Et à l’époque, les ponts en béton étaient une nouveauté. Et puis, la circulation automobile était moindre.  Pont Champlain – Photo : M. Beauregard / PC Quand un ingénieur conçoit un pont avec un architecte, qui a le dernier mot ? L’ingénieur doit rester le maître de l’ouvrage. Parce qu’il est responsable : si le pont s’écroule, ce n’est pas l’architecte qui ira en prison ! La collaboration entre les deux est une affaire de complicité. Bien que je sois ingénieur, l’esthétique d’un pont est une dimension majeure pour moi. Quant à l’architecte, il doit se mettre au service de la structure. Pour le viaduc de Millau, il y a eu un gros travail d’architecture, mais ça ne se voit pas, parce que l’architecte Norman Foster s’est mis au service de la structure. Foster est un très grand architecte, qui crée des formes très pures. C’est lui qui a d’abord imaginé deux concepts clés : le tablier, qui semble pénétrer la colline, et les piliers, qui parais-sent sortir de la terre naturellement. Il disait : « Je ne veux pas voir de fondation. » De quoi aurait l’air un nouveau pont Champlain signé Michel Virlogeux ? Il n’y a pas un pont Champlain, mais quatre zones avec lesquelles il faut composer : celle du bras d’accès, celle de l’île des Sœurs, celle du Saint-Laurent et celle de la Voie maritime. Pour le bras d’accès, il existe des solutions pour réduire les zigzags vers le nouveau pont. Sur le fleuve Saint-Laurent, où il n’y a pas de navigation, le pont est bas et très long. Il coûterait très cher de faire autre-ment qu’une série de piliers et de tabliers. Par contre, l’île des Sœurs est jolie et on pourrait faire quelque chose de très chouette. Et je ferais carrément dans le spectaculaire pour la partie Voie maritime, qui doit être très haute pour laisser passer les navires. Pour ces deux sections, île des Sœurs et Voie maritime, je ferais un pont à haubans. Pourquoi un pont à haubans ? À cause des propriétés de l’acier, tout simplement. Parmi les ponts de plus de 300 m, il n’y a que des ponts à câbles. La très longue structure métallique rivetée du pont de Québec est une exception. [NDLR : Le pont de Québec s’est écroulé deux fois, en 1907 et en 1916.] La raison est physique : les câbles d’acier sont le moyen le plus efficace de porter des charges très loin, tout simplement parce que l’acier est très fort quand il travaille en traction. Une structure sans câbles travaille plutôt en flexion. Or, nous le savons tous intuitivement, il est beaucoup plus facile de couper de l’acier en le pliant qu’en tirant dessus ! Que pensez-vous de l’idée d’intégrer un train de banlieue, ou d’autres formes de transport en commun, dans le design du pont ? C’est envisageable et même intelligent. Le pont mobile de Bordeaux [NDLR : le pont Jacques-Chaban-Delmas, qui franchit la Garonne], inauguré en mars 2013, intègre des voies de tramway. Par contre, je ne suis pas certain qu’il soit heureux d’envisager un pont à deux niveaux. On ne peut pas faire un pont élégant avec un tablier aussi épais. Comment bâtir un pont sans perdre la maîtrise du budget ? Tout dépend du modèle utilisé pour arriver à la conception et à la construction. Si vous optez pour ce qu’on appelle « conception-construction », tout part d’un appel d’offres. Le plus bas soumissionnaire l’emporte et il conçoit son pont en fonction du budget. Les gouvernements aiment bien cette formule, qui fixe le prix. Si l’entreprise vient se plaindre que ça coûte plus cher que prévu, le gouvernement dira : « C’est votre problème. » Selon cette logique, l’utilitaire prime l’esthétisme, et l’architecture passe derrière, quand il y en a. Une autre approche consiste à établir une norme esthétique préalable… … et donc à lancer très tôt un concours de design ? Pas forcément. Les concours de design tournent souvent à l’architecture « pure », voire irréaliste. Si le jury n’est pas compétent, il risque de choisir un projet irréalisable, qui deviendra un gouffre financier. La bonne façon de faire est une présélection des candidats, comme cela se fait aux États-Unis et en France. Pour le viaduc de Millau, l’État a demandé à cinq groupes d’études réunissant ingénieurs et architectes de proposer chacun leur solution. Il a ensuite choisi la meilleure. Et l’appel d’offres s’est fait en fonction de choix esthétiques préétablis. Ce serait une bonne façon de travailler pour le pont Champlain. Le nouveau pont Champlain sera construit en partenariat public-privé. C’est une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Je n’y vois aucun problème, pourvu que ce soit fait sur la base d’un projet architectural imposé. C’était le cas du viaduc de Millau. Si vous voulez faire un beau pont, il faut que l’esthétique soit figée avant que vous fassiez l’appel d’offres auprès des constructeurs. Quel est le prix à payer pour un beau pont ? Pendant les 15 ans où j’étais responsable de la planification des grands ponts en France, on considérait qu’un pont élégant pouvait coûter 10 %, voire 20 % de plus que le prix « utilitaire ». Car rien n’est complètement gratuit ! On ne peut pas bâtir le pont le moins cher possible et espérer qu’il soit beau. Cet article Viaduc de Millau, pont Champlain : même combat ? est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... Des arômes bios Vendredi, 23 Août 2013 22:35 Pierre Duchesneau  Les arômes ajoutés sont présents dans la plupart des aliments. On en trouve dans les produits laitiers, comme la crème glacée, et même dans les fromages ! – Photo : Steve Lupton / Corbis Une odeur de bonbon acidulé aux fraises accueille le visiteur dans le hall d’entrée de Metarom Neotech, une entreprise de Saint-Hubert, près de Montréal, qui crée des saveurs depuis 2007. Dans la salle de production, les employés manipulent des bidons en plastique, d’où s’échappent des odeurs de café et de caramel salé. « Nous sommes chanceux aujourd’hui ! » dit en riant Anne Perreault, aromaticienne et directrice technique de l’entreprise, division de la société française Metarom. Les arômes puisés à même sa « bibliothèque », qui en compte 3 300, sont parfois plus agressifs : ail, cornichon, poulet rôti… De plus en plus de consommateurs recherchent des produits naturels et peu transformés. Les fabricants de saveurs suivent donc la tendance. Metarom Neotech, par exemple, a sa certification bio, tout comme sa voisine et concurrente Colarome a la sienne pour ses essences naturelles. Quelle que soit leur origine, les arômes ajoutés sont très présents dans les aliments, même là où on ne les attend pas : dans les jus santé, les fromages, les tisanes… Et qu’une saveur soit naturelle ou artificielle, sa composition chimique est à peu près la même. Alors pourquoi un fabricant d’aliments choisit-il un arôme artificiel ? Principalement parce qu’il coûte beaucoup moins cher. Une année de bonne récolte, par exemple, la vanille — dont on extrait la vanilline, son principal arôme — se vendra autour de 40 dollars le kilo, alors qu’une année de mauvaise récolte, le prix pourra atteindre 300 dollars. Pour d’autres arômes, le coût de production peut facilement doubler lorsqu’on passe du synthétique au naturel, soit d’une douzaine de dollars à une trentaine de dollars le kilo. Metarom Neotech crée surtout des arômes pour des boissons alcoolisées, des produits laitiers ou des boissons gazeuses. Ses techniciens et chimistes travaillent avec un appareil de chromatographie en phase gazeuse, qui, couplé à une base de données, permet d’identifier les molécules présentes dans un aliment. Une fraise, par exemple, renferme une centaine de composants aromatiques : du butyrate de méthyle, du gamma-décalactone, de l’acide butyrique, etc. Il faut savoir que ce sont principalement les molécules aromatiques volatiles dans les aliments qui permettent de détecter des centaines de saveurs. C’est donc l’odorat, bien avant la langue, qui goûte. Les aromaticiens, même s’ils créent des saveurs, sont avant tout des experts olfactifs. Leur boulot, une fois la « cartographie » olfactive de l’aliment obtenue, est de faire appel à leurs propres souvenirs olfactifs pour reconstruire un arôme. « Avec la chromatographie, on peut reconstituer environ 80 % du goût. On utilise ensuite nos sens pour nous approcher peut-être à 95 % d’une saveur », explique Anne Perreault, « nez » en chef de Metarom Neotech. Chez Colarome, on suit également la vague « nature ». En plus des saveurs naturelles certifiées biologiques, la douzaine d’employés a créé une gamme de pigments naturels pour remplacer les colorants artificiels. « Nos clients veulent des étiquettes de plus en plus “propres”, c’est-à-dire avec des ingrédients le plus naturels possible, dit Robin Côté, président de Colarome. Nous suivons donc cette tendance. » Cet article Des arômes bios ! est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... L’Indonésie craque pour le vin rouge Vendredi, 23 Août 2013 22:15 Pierre Duchesneau  Vendanges dans l’île de Bali, au vignoble Hatten Wines, l’unique producteur viticole du pays. – Photo : Anne-Fleur Delaistre « Il a un goût de saucisson, on s’approche même du jambon ! » Le virevoltant Yohan Handoyo parle avec délices d’un vin à un cercle restreint de fins connaisseurs. Dans son bar à vin, le Dimatique, qu’il a ouvert il y a quatre ans au centre-ville de Jakarta, Yohan est débordé. Depuis 2012, c’est du dernier chic d’aller au wine bar déguster un verre de chinon servi par un sommelier musulman. En Indonésie, pays qui compte le plus de musulmans au monde, la consommation de rouge est en hausse de 20 % par année depuis quatre ans. « Nos clients sont surtout chrétiens, mais on voit de plus en plus de musulmans », dit le sommelier, qui n’est pas contre le fait de prendre quelques verres quand il faut déguster. L’islam pratiqué en Indonésie est en effet ouvert. « Les quelques écarts à la règle dictée par le Coran sont de plus en plus tolérés », dit Maryse LaRocque, directrice du marketing de Hatten Wines, producteur de vin de l’île de Bali, le seul du pays. Le domaine vend bien sûr à Bali, au sud de l’archipel, qui attire annuellement près de trois millions de touristes, mais aussi depuis quelques années dans la capitale, où le marché explose. Son propriétaire — un brahmane hindou — est à la tête d’une entre-prise florissante et il compte étendre ses ventes aux autres îles du pays, où une classe moyenne en expansion a elle aussi envie de profiter de ce plaisir. Car boire du vin est avant tout un signe d’appartenance à un groupe social. Avec une croissance du PIB de 6 %, l’Indonésie fait preuve d’une santé économique étonnante. Plus de 45 millions de personnes gagnent plus de 3 600 dollars par an, et elles seront 170 millions en 2030, selon le cabinet de conseil américain McKinsley. C’est toute une classe sociale qui sort de la pauvreté, des « nouveaux riches » attirés par la découverte des pra-ti-ques occidentales : vin, café, vêtements à la mode, voitures. Les centres commerciaux poussent comme des champignons à Jakarta, et au rez-de-chaussée de chacun d’eux se trouve un bar à vin. Un marché que les viticulteurs du monde entier ne veulent pas manquer. Comme le propriétaire du Château La Fleur-Pétrus, qui n’aurait sous aucun prétexte reporté sa première visite : « En Asie, l’avenir du marché du vin est en Indonésie », se réjouit Édouard Moueix, directeur des ventes, en présentant ses grands crus à la bourgeoisie jakartanaise, qui n’hésite pas à dépenser des sommes folles pour du vin. « Au départ, on leur sert des vins sucrés, faciles d’accès, dit Yohan Handoyo. Puis, on éduque le palais à des produits plus complexes. » Puis, il assure : « Le vin rouge se marie bien avec la nourriture indonésienne épicée. » L’avenir semble donc prometteur pour les producteurs du monde entier qui investissent dans le marché indonésien. Cet article L’Indonésie craque pour le vin rouge est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... La course aux terres du monde Vendredi, 23 Août 2013 21:58 Valérie Borde  Mégachamp de soya au Brésil. – Photo : Paulo Whitaker / Reuters Travailleurs du Québec, vous êtes depuis l’an dernier propriétaires de plus de 2 000 km2 de terres agricoles aux États-Unis, en Australie, en Amérique latine et en Europe de l’Est ! La Caisse de dépôt et placement du Québec, qui gère notamment les actifs de la Régie des rentes, a placé 250 millions de dollars en 2012 dans une société agricole mondiale, aux côtés d’autres caisses de retraite canadiennes, américaines et suédoises. Un placement qui, espère-t-elle, fera fructifier le fonds de pension des Québécois. Cet investissement dans la société agricole mondiale TIAA-CREF Global Agriculture a cependant un revers. Il fait participer les Québécois à un phénomène planétaire qui préoccupe autant la Banque mondiale que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) : l’achat ou la location de grandes superficies de terres agricoles d’un pays par des intérêts étrangers. Le concept a même une étiquette : l’accaparement des terres. « Il se passe à l’échelle de la planète quelque chose d’important et de potentiellement dévastateur, mais dont on comprend très mal la mécanique et l’ampleur », dit Jun Borras, professeur à l’Université Erasmus, aux Pays-Bas, qui s’intéresse à la propriété des terres agricoles depuis près de 30 ans. La crise financière de 2008, la flambée du prix des aliments de base et la hausse rapide des cours du pétrole (laquelle a donné l’avantage aux biocarburants) ont lancé une ruée sans précédent vers les terres arables du globe. Pour nourrir les populations en croissance, mais aussi pour profiter d’investissements potentiellement rentables. Des États comme les Émirats arabes unis ou le Qatar, par exemple, importaient déjà la quasi-totalité de leur nourriture. Depuis quelques années, ils achètent des champs et des prés, en Afrique, en Australie ou aux États-Unis. En Chine, en Inde et dans d’autres pays émergents, la croissance des besoins alimentaires oblige les gouvernements à mettre les bouchées doubles pour trouver des terres à cultiver là où les conditions climatiques sont plus favorables que chez eux, la main-d’œuvre moins coûteuse et les terres moins polluées. Partout dans le monde, des institutions financières comme la Caisse de dépôt se tournent aussi vers ces terres susceptibles de prendre rapidement de la valeur. Pour l’instant, moins de 1 % des terres arables du monde appartiennent à des fonds d’investissement, selon Jose Minaya, directeur général et chef des ressources naturelles mondiales et des investissements dans les infrastructures à TIAA-CREF. D’immenses superficies sont passées aux mains de holdings aux ramifications internationales souvent nébuleuses. En 2011, la Banque mondiale évaluait que les transactions internationales à grande échelle avaient touché 45 millions d’hectares de terres agricoles en 2008 et 2009, soit la taille de la Suède ou de la Californie. L’organisation non gouvernementale Oxfam estime que le phénomène s’étend à une superficie cinq fois plus grande ! Dans les pays riches, l’achat de terres arables par des étrangers est souvent limité par des mécanismes de contrôle, comme la Loi sur la protection du territoire agricole du Québec. Dans les pays en développement, ces capitaux étrangers ont du bon… en théorie. Ils devraient permettre d’améliorer les conditions de vie en créant des emplois et en rendant les terres en friche plus productives, selon la Banque mondiale. « Mais ce qui se passe ne correspond pas à nos attentes », reconnaît Klaus Deininger, économiste pour cette institution. Les populations vulnérables sont souvent lésées lors de la vente de terres à des étrangers, d’après la Banque mondiale et la FAO. Ces contrats encouragent la corruption, les conflits sociaux et le mauvais usage des ressources naturelles. Jun Borras s’efforce d’analyser les rouages de cette nouvelle géopolitique agricole. « On manque encore de données. Il y a de multiples formes de transactions, depuis l’entente verbale avec un chef de village jusqu’à des contrats entre États et entreprises. Et des préoccupations fort différentes selon le profil des investisseurs, les pays visés, les cultures exploitées, le cadre juridique local… » Bref, pas facile d’y voir clair ! La Coalition internationale pour l’accès à la terre, une ONG établie à Rome, a entrepris en 2012 de répertorier toutes les transactions rendues publiques dans une base de données, la Land Matrix, devenue la référence sur le sujet. « Il y a beaucoup de spéculation. De nombreux contrats annoncés depuis 2008 n’ont abouti à aucun changement sur le terrain », constate le Sénégalais Madiodio Niasse, directeur de la Coalition. Ceux qui se sont concrétisés semblent avoir tourné bien peu à l’avantage des populations locales, surtout dans les pays à faible gouvernance, là où le droit foncier est peu clair et la corruption répandue. « Dans les enquêtes que j’ai menées dans des dizaines de pays, je n’ai jamais trouvé un cas où les populations ont bénéficié de retombées positives », dit Jun Borras. Même la Banque mondiale n’a aucun exemple de contrat « gagnant-gagnant » à relater, reconnaît à regret son économiste Klaus Deininger. L’accaparement des terres est particulièrement critique en Afrique, où les entreprises étrangères s’installent surtout là où l’eau est abondante — le long des grands fleuves, comme le Niger — et négocient des droits sur les approvisionnements pour l’irrigation. « L’Afrique a un besoin crucial d’eau autant pour l’alimentation que pour la fourniture d’énergie, mais elle se vide de ses réserves ! » dénonce Madiodio Niasse. À Madagascar, la signature d’une entente entre le gouvernement et la société coréenne Daewoo portant sur plus d’un million d’hectares de terres agricoles a largement contribué aux émeutes de 2009, qui ont fait plus de 100 morts et se sont soldées par le renversement du président Ravalomanana. L’an dernier, Daewoo, qui voulait cultiver des palmiers à huile et du maïs pour le marché sud-coréen, a officiellement renoncé à son projet. De plus en plus, les sociétés civiles résistent. Dominique Caouette, spécialiste en sciences politiques à l’Université de Mont-réal, fait partie de ces centaines de chercheurs et activistes qui s’efforcent d’outiller les populations locales. Dans neuf États d’Afrique francophone, le chercheur bâtit un réseau de surveillance avec des organisations paysannes. Ce réseau permet d’échanger par téléphone cellulaire des données détaillées sur les contrats passés dans ces pays. La mobilisation des opposants et les dénonciations des médias commencent à refroidir les ardeurs des entreprises. « On semble assister à un début de ralentissement du phénomène », croit Madiodio Niasse. Depuis peu, des pays comme la Tanzanie ou le Mozambique ont instauré des lois plus contraignantes pour limiter l’investissement étranger sur de grandes superficies de leur territoire. Mais il y a un monde entre la théorie et la pratique. « Les investisseurs créent des filiales locales ou achètent les terres par petits lots », dénonce Jun Borras. Ce secteur ressemble à celui de l’immobilier il y a 40 ans ou à celui du bois d’œuvre il y a 20 ans, croit Jose Minaya. « Cette nouvelle classe d’actifs a besoin de plus de transparence pour attirer des investissements. Mais un jour, les terres arables seront certifiées comme le bois l’est aujourd’hui. » La Banque mondiale croit aussi qu’en misant sur la transparence on parviendra à faire émerger des partenariats « gagnant-gagnant ». « On voudrait, par exemple, que tous les contrats soient rendus publics, et trouver des cas exemplaires où des investissements responsables ont profité aux populations locales », explique Klaus Deininger. L’an dernier, la FAO a accouché d’un code de conduite « pour une gouvernance responsable des régimes fonciers dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale ». Les membres du G8 planchent aussi sur la question. En 2011, huit grandes institutions financières européennes et nord-américaines, qui gèrent la bagatelle de 1 300 milliards de dollars d’actifs, se sont entendues sur des principes à suivre pour l’investissement responsable dans les terres agricoles. TIAA-CREF Global Agriculture, dans laquelle la Caisse de dépôt et placement a investi, fait partie des signataires. « L’investissement de la Caisse dans le secteur agricole par l’intermédiaire de TIAA-CREF est exploratoire. C’est une nouvelle classe d’actifs que la Caisse veut mieux comprendre dans le monde et aussi au Québec », dit son porte-parole, Maxime Chagnon. Pour l’instant, la Caisse de dépôt n’a pas l’intention d’investir directement dans des terres québécoises. « C’est prématuré. Chaque marché est différent, avec des lois différentes et des “acceptabilités” sociales différentes. » Certains investisseurs font effectivement du chemin. En décembre 2011, la caisse de retraite néerlandaise ABP, qui a signé l’entente sur l’investissement responsable, a préféré se retirer d’un projet de plantation d’eucalyptus au Mozambique après que des journalistes ont rapporté qu’elle ne respectait pas ses propres lignes de conduite. Dans son mea culpa, ABP a précisé avoir choisi son représentant local pour sa bonne réputation en matière de responsabilité sociale et environnementale, et s’être fait avoir. Vols de terres, menaces aux protestataires, fermes incendiées, compensations jamais versées… les fonctionnaires et enseignants néerlandais finançaient sans le savoir un vrai désastre ! * * *  Photo : Jochem D. Wijnands / Getty Images LE CAS DU LAOSAu Laos, l’anthropologue Karen McAllister, de l’Université McGill, a découvert combien la vie des peuples montagnards du Nord a été bouleversée par l’arrivée massive de sociétés chinoises productrices de caoutchouc. Dans ce pays où plus du cinquième des terres arables sont contrôlées par des intérêts étrangers, le gouvernement a redessiné la cartographie du territoire pour dépouiller des villages de leurs terres arables. Impossible de savoir si les investisseurs ont été floués ou complices. Le gouvernement laotien a instauré en 2011 un moratoire sur ce type de contrats.  Photo : Kairos Photos / Paul Jeffrey UNE COURSE POUR L’EAULes terres passent à des intérêts étrangers, et l’eau avec elles ! Au Congo, l’eau qui irrigue les terres agricoles des étrangers correspond, en volume, à près du double de ce qui serait nécessaire pour fournir un régime équilibré à chaque habitant. Cet article La course aux terres du monde est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... Les financiers passent à la ferme Vendredi, 23 Août 2013 21:37 Pierre Duchesneau  Illustration : Sébastien Thibault Alain Lemay, producteur laitier de 50 ans du Lac-Saint-Jean, se demandait parfois ce qu’il adviendrait, à sa retraite, de sa ferme, située près de L’Ascension. « Aucun de mes trois enfants ne voulait prendre la relève », dit-il. Au début de 2012, un acheteur lui a fait une offre alléchante. « J’ai vendu ma terre deux fois le prix ! » L’acheteur ? La Banque Nationale. De novembre 2011 à avril 2012, la BN a acheté au Lac-Saint-Jean 3 277 hectares de terres auprès d’une dizaine d’agriculteurs, créant du coup une propriété 30 fois plus grande que la ferme québécoise moyenne. Au milieu de ses 400 vaches attroupées sur une colline pelée, Gérard Rousseau, qui avait l’œil sur une de ces terres, ne décolère pas. Sa ferme est située sur le chemin Rousseau, du nom de sa famille, à Saint-Stanislas, petit village du nord du Lac-Saint-Jean. Depuis cinq générations, les Rousseau ont prospéré grâce à l’achat et à la location de terres auprès de voisins. Gérard a eu toute une surprise lorsqu’il a découvert que son concurrent pour l’achat de la terre voisine était sa propre banque. « Je ne jouais pas à armes égales. Il aurait fallu que je leur emprunte de l’argent pour acheter ! » dit-il. Cette terre, il la reluquait pour son fils, à qui il envisage de léguer les rênes de l’entreprise familiale d’ici 10 ans. Au Québec et dans le monde, les terres agricoles attirent de plus en plus la convoitise des banquiers et grands investisseurs à la recherche de placements susceptibles de prendre rapidement de la valeur. Et les conséquences sur l’avenir du garde-manger des Québécois sont bien réelles.  Gérard Rousseau avait un œil sur une des terres que la Banque Nationale a achetées au Lac-Saint-Jean. «Je ne jouais pas à armes égales. Il aurait fallu que je leur emprunte pour acheter !» – Photo : Nicolas Mesly En 2010, une rumeur selon laquelle des investisseurs de Shanghai, clients de l’agence immobilière Monaxxion, de Brossard, s’apprêtaient à acheter 40 000 hectares en Montérégie a fait grand bruit. L’affaire n’a pas eu de suite, mais la graine de l’inquiétude était semée : les terres agricoles du Québec allaient-elles être accaparées par des intérêts financiers extérieurs au monde agricole ? Pour l’instant, la très grande majorité des transactions continuent de se faire entre agriculteurs : 84 % des terres sont exploitées par leurs propriétaires (dont de nombreuses sociétés à numéro) et 14 % appartiennent à des non-agriculteurs. Quant aux pro-priétés étrangères, elles ne comptent que pour 2 % des terres agricoles, selon le Programme de crédit de taxes foncières agricoles, du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Ce qui n’est pas énorme. Le portrait risque cependant de changer. Actuellement, 40 % des propriétaires qui se partagent les 29 437 fermes du Québec ont plus de 55 ans. Bientôt, des milliers d’hectares seront donc à vendre, et très peu des enfants des agriculteurs désirent prendre la relève. Parce que le travail est dur, mais aussi parce qu’il faut avoir les reins solides pour obtenir du financement. Pour acheter une ferme laitière moyenne au Québec, il faut 2,45 millions de dollars juste pour le quota (1,45 million) et le fonds de terre ! Pour un investisseur, les terres cultivées du Québec — les plus chères au pays — sont un excellent placement. Leur valeur a bondi de 400 % depuis les années 1990. Au cours des cinq dernières années, elles ont rapporté un rendement annuel de 9,1 %, selon le Groupe AGÉCO, une équipe de consultants pluridisciplinaires de Québec. C’est bien plus que les rendements des bons du Trésor et bien moins risqué que la Bourse. C’est ce qui a attiré la Banque Nationale, qui, à la suite de la crise financière de 2008, cherchait des placements sûrs pour le fonds de pension de ses employés. « On voulait exploiter nous-mêmes une grande ferme efficace pour réaliser des économies d’échelle et vendre nos grains à la Bourse de Chicago », explique Claude Breton, directeur principal des affaires publiques à la Banque Nationale. Le prix international des céréales bat tous les records depuis 40 ans. Avec l’alimentation humaine et animale, les biocarburants, la spéculation en hausse et les stocks mondiaux en baisse, les prix ont monté en flèche en 2008 et 2011. Désireuse de semer et de récolter dès la première année, l’entreprise créée par la Banque pour exploiter ses terres magasine en vitesse de l’équipement. « Elle voulait les machines agricoles les plus efficaces sur le marché, dotées de la technologie GPS. Son représentant a payé 2,5 millions de dollars comptant ! C’est la plus grosse vente de notre vie », raconte Stéphane Ouellet, gérant du concessionnaire John Deere d’Alma. L’arrivée de la Banque au Lac-Saint-Jean a été applaudie par certains. « Bien des agriculteurs cherchaient à vendre depuis des années », dit Alain Lemay. Mais à qui ? L’accès à la propriété est d’autant plus difficile que les agriculteurs québécois sont les plus endettés du Canada, voire d’Amérique du Nord, note Guy Debailleul, chercheur associé au CIRANO et professeur au Département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l’Université Laval. Dans ce contexte, de nouveaux modèles de gestion émergent, qui vont du simple investisseur au bailleur de fonds pour la relève en passant par la coopérative. « Nous, on achète des terres et on les loue à de jeunes producteurs », dit Roger Gauthier, de Trois-Rivières. Roger Gauthier a fondé en 2010 AgriTerra, le premier fonds d’investissement agricole à voir le jour au Québec. Ancien propriétaire d’une entreprise de vente d’engrais, il dit travailler avec sa clientèle de longue date pour trouver des solutions « gagnant-gagnant ». AgriTerra, une société en commandite, dispose d’un portefeuille de 10 millions de dollars, provenant d’investisseurs capables d’engager une somme variant entre 25 000 et un million de dollars pendant cinq à neuf ans. Le fonds, 100 % canadien, possède 3 600 hectares de terres au Québec, au Nouveau-Brunswick et, depuis tout récemment, en Saskatchewan. Les revenus découlent de la location des terres. L’augmentation de la valeur des actions suit celle des terres. « En 2012, on a obtenu un rendement de 15 % pour nos investisseurs », dit Roger Gauthier. Clément Gagnon, de Partenaires agricoles S.E.C., un autre fonds d’investissement québécois, estime que d’ici cinq ans 115 000 hectares pourraient être mis en vente au Québec. Au prix moyen de 10 000 dollars par hectare, ces terres représentent la rondelette somme de 1,15 milliard. Sa société en commandite prévoit faire une collecte de fonds de 50 millions de dollars auprès de gros prêteurs institutionnels pour acquérir 65 terres agricoles. Sur les 6 000 hectares con-voités, elle en a déjà acheté 1 000. L’homme d’affaires de Pointe-Claire entend les faire cultiver en partenariat avec les anciens propriétaires, sous les conseils de son équipe d’agronomes, et deux producteurs bien établis. Les rendements estimés sont de l’ordre de 5,6 % à 6,6 %, en se basant sur l’augmentation du prix de la terre et de celui des aliments. Ces fonds d’investissement par des non-agriculteurs pourraient même aider la relève agricole en concurrençant les banques, explique Guy Debailleul, de l’Université Laval. « Les jeunes agriculteurs n’auraient pas à rembourser le capital et les intérêts des emprunts », dit-il. « Cette formule d’affaires pourrait être intéressante pour permettre à certains jeunes de s’établir… mais nous privilégions la propriété de la terre », dit Alain Audet, président du conseil d’administration de la Fédération de la relève agricole du Québec, qui regroupe 2 000 membres âgés de 16 à 39 ans. « La terre, c’est dans notre ADN », ajoute ce jeune propriétaire d’une ferme porcine en Beauce. L’Union des producteurs agricoles (UPA), le puis-sant syndicat chargé de défendre les intérêts des agriculteurs, s’inquiète de la survie du modèle actuel de ferme propriétaire-exploitant. L’UPA craint que l’agriculture ne soit celle de locataires, un système jugé par certains de ses membres comme « féodal ». L’UPA se méfie aussi de l’achat massif des terres agricoles par de grands argentiers. « La propriété de la terre est primordiale dans une société, dit son président, Marcel Groleau. L’agriculteur travaille pour nourrir le monde. Le fonds d’investissement, lui, travaille pour ses actionnaires. À partir du moment où des blocs de terres pourront se négocier entre de grands groupes financiers par l’intermédiaire de la Bourse, cela jouera sur le prix des denrées alimentaires. » Le ministre québécois de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, François Gendron, s’apprête à présenter cet automne un projet de loi visant à modifier la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles, « pour mieux protéger nos fermes, notre zone agricole et aussi permettre une occupation plus dynamique du territoire », dit son attaché de presse, Maxime Couture. Ce projet de loi pourrait, entre autres, rendre plus accessible l’achat de petits lots par les petits agriculteurs, afin de faciliter la relève et de diversifier la production.  D’ici cinq ans, 115 000 hectares pourraient être à vendre. Le ministre François Gendron chercherait des moyens de faciliter l’achat de petits lots par les petits agriculteurs. – Photo : Clément Allard / Presse Canadienne L’objectif de Québec n’est pas d’empêcher les fonds d’investissement d’acheter des terres, mais de limiter leur appétit. Et de s’assurer que ces terres seront exploitées par des Québécois, qui paient leurs impôts au Québec. Le ministre Gendron a ainsi déposé, plus tôt ce printemps, le projet de loi 46, visant à modifier la Loi sur l’acquisition de terres agricoles par des non-résidents. Ce projet de loi, qui sera aussi débattu à l’automne, propose entre autres une limite d’achat de 1 000 hectares par année, l’obligation de demeurer au Québec et d’être citoyen canadien. « Si un acheteur signe une déclaration comme quoi il veut vivre au Québec et faire de la production agricole, on ne l’empêchera pas de venir ! » dit Maxime Couture. Pour canaliser l’appétit des investisseurs étrangers comme de ceux d’ici, l’UPA propose quant à elle la création d’une Société d’aménagement et de développement agricole du Québec (SADAQ), un instrument d’investissement collectif. Cette société publique pourrait donner un rendement obligataire de 4 % à 5 % par année. « Elle serait financée par Québec et aurait recours à l’épargne publique, soit la Caisse de dépôt, la caisse Desjardins ou des investissements privés, pour acheter et remettre en état, par exemple, des terres en friche », explique François L’Italien, chercheur associé à l’Institut de recherche en économie contemporaine et auteur d’une étude sur l’accaparement des terres. « Cette société publique, poursuit le chercheur, pourrait constituer une banque de terres et faciliter la location, voire la vente, à de jeunes agriculteurs. Elle permettrait aux acteurs régionaux de décider quel genre d’agriculture ils veulent sur leur territoire, afin d’éviter les conflits sociaux. » La SADAQ disposerait d’un droit de priorité pour acquérir une terre, à la valeur du marché. Celle-ci pourrait ensuite être louée ou vendue à de jeunes agriculteurs désireux de se lancer dans une production qui respecterait le caractère régional (bœuf, lait, etc.). « La décision [de créer ou pas cette société publique] sera prise après l’adoption des projets de loi cet automne », dit le ministre Gendron. Chez Desjardins, on se dit ouvert à différentes possibilités. « On souhaite que les terres restent entre les mains de producteurs ou de coopératives agricoles. Loin de nous l’idée de devenir propriétaires terriens ! » dit Nathalie Genest, conseillère en relations de presse de l’établissement.  La Banque Nationale s’est équipée en grand. Ce semoir de 13 m, muni d’un GPS, se conduit comme un mini-Boeing, rigole Bernard Lepage, copropriétaire de la Ferme Olofée. - Photo : Nicolas Mesly Et l’aventure de la Banque Nationale au Lac-Saint-Jean, dans tout ça ? La première récolte à peine engrangée, la BN annonçait en novembre 2012 qu’elle rentrait dans ses terres ! En mars suivant, elle vendait à l’encan ses deux moissonneuses-batteuses, deux gros tracteurs dernier cri, un semoir gigantesque et deux herses. Stéphane Ouellet, gérant du concessionnaire John Deere d’Alma, estime à 40 % les pertes de la Banque Nationale sur cette machinerie. « C’est pathétique ! Ce n’était pas de l’argent des Chinois ni du Qatar qui était investi dans notre région, mais le fonds de pension des employés de la Banque Nationale ! » peste Gilles Potvin, maire de Saint-Félicien. Planté devant l’énorme garage de la BN, toujours invendu, dans l’agroparc de sa municipalité, le maire voit disparaître les promesses de remise en production de terres en friche et l’injection de 20 millions de dollars de capital dans la région. De l’argent qui aurait été apprécié pour développer celle-ci et créer des emplois… Quand on lui parle de l’aventure de la BN, Bernard Lepage, copropriétaire de la Ferme Olofée, à Saint-Félicien, éclate de rire. « Un semoir de 43 pieds [13 m] équipé d’un GPS, ça se conduit comme un mini-Boeing 747. Même moi, je suis dépassé. L’employé de la Banque a appelé mon fils au moins 25 fois durant l’été pour savoir comment le faire fonctionner ! » Plus sérieusement, le plus important producteur de flocons d’avoine du Québec est d’avis que bien des gens n’étaient pas d’accord avec le modèle de ferme de la Banque Nationale. Cette grande ferme céréalière exploitée par un important investisseur, calquée selon lui sur les agroentreprises que l’on trouve dans la pampa, en Argentine, était très loin du modèle de la ferme familiale québécoise. D’un point de vue commercial, explique Bernard Lepage, le deuxième prêteur du monde agricole québécois, après la caisse Desjardins, jouait gros en concurrençant sa propre clientèle. « La BN ne pouvait se permettre de perdre 10 % ou 15 % de ses clients. » Claude Breton, de la Banque Nationale, l’admet : « On a mal évalué notre modèle d’affaires et les enjeux sociaux. » Il insiste : l’établissement n’était pas au Lac-Saint-Jean pour spéculer. La Banque Nationale négocie actuellement les derniers détails de la vente de sa grande ferme à Pangea terres agricoles, un groupe d’investisseurs privés fondé en 2012 par les hommes d’affaires Charles Sirois, qui a fait fortune dans les télécommunications, et Serge Fortin, fils de producteurs maraîchers qui a travaillé à Téléglobe. Pangea exploite déjà quelque 2 400 hectares en Estrie et dans Lanaudière. « Le projet de la Banque Nationale est restructuré pour former des coentreprises avec trois groupes de producteurs locaux, dont une coopérative. On veut assurer la pérennité des fermes familiales et favoriser la relève », explique Serge Fortin. La transaction finale sera conclue cet automne. La Banque Nationale ne gardera qu’une participation minoritaire. On prévoit des ententes à long terme pour produire dès 2014 du blé, de l’orge, du canola, du soya et de la gourgane, dont une partie en production biologique. Bernard Lepage, de la Ferme Olofée, reste malgré tout sceptique devant les démarches de Pangea. La Banque Nationale a semé un débat social — qui ne fait que commencer — sur la taille des fermes et la future propriété du jardin québécois. * * * Qui peut acheter une terre au Québec ?Rien n’empêche une banque, un important investisseur ni quiconque d’acheter une terre agricole au Québec. À la condition que ce propriétaire réside au Québec et maintienne la vocation agricole de l’endroit. S’il veut changer cette vocation, pour construire des condos par exemple, il devra obtenir l’aval de la Commission de protection du territoire agricole, chargée d’appliquer la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles et la Loi sur l’acquisition de terres agricoles par des non-résidents. Québec entend donner du mordant à ces deux lois dès cet automne. Pour acheter une ferme laitière moyenne au Québec, il faut 2,45 millions juste pour le quota et la terre ! Les terres sont un bon placement : leur valeur a bondi de 400 % depuis les années 1990. Le rendement annuel, depuis cinq ans, a été de 9,1 % ! Cet article Les financiers passent à la ferme ! est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... Les graffitis de La maison du pêcheur décortiqués Vendredi, 23 Août 2013 20:42 Vincent Destouches Lire la suite... On a chaud à Taupo Vendredi, 23 Août 2013 20:37 vacances Taupo, ville touristique par excellence où tout est plus cher, plus sensationnel, plus fréquenté, plus tendance, plus cool... C'est tellement surexploité et touristique que la ville perd (hélas) de son charme, malgré la présence de son beau lac, le plus grand de Nouvelle-Zélande ! Notre topo à[...] Lire la suite... Livres et téléphonie mobile même dilemme deux rationalités Vendredi, 23 Août 2013 20:23 Pierre Duhamel  Photo : Martin Prescott / Getty Images Faut-il laisser élargir la concurrence dans les télécommunications mobiles en laissant la porte ouverte à un grand joueur américain ? Faut-il la restreindre dans le marché du livre et empêcher de grands groupes américains de trop baisser les prix des nouveautés ? Voilà deux grands débats passionnants où les solutions des deux paliers de gouvernement sont totalement asymétriques. D’un côté, le ministre fédéral de l’Industrie, James Moore, trouve que le prix des télécommunications mobiles est trop élevé au pays et fait le pari qu’une concurrence accrue avantagera les consommateurs canadiens. Il part du principe qu’il faut donner de l’oxygène aux consommateurs, quitte à froisser les grands opérateurs de téléphonie mobile canadiens et favoriser l’entrée d’un géant américain sur notre marché. Ce débat cache des enjeux réels. Par exemple, les grands groupes canadiens seront-ils défavorisés lors des enchères pour les services mobiles à large bande, en janvier prochain ? Qu’arriverait-il si Verizon, aux ressources quasi inépuisables, mettait la main sur deux des quatre blocs de spectre au Québec ? Cela pourrait-il signifier que deux opérateurs actifs aujourd’hui seraient rapidement déclassé s? Une telle situation pourrait présenter un recul au niveau de la concurrence. De son côté, le gouvernement du Québec n’a pas énoncé de position définitive quant à la réglementation du prix du livre. Les interventions en commission parlementaire du ministre Maka Kotto montrent néanmoins qu’il penche du côté de la réglementation. Le raisonnement prend le contre-pied de celui du gouvernement fédéral en matière de télécommunications. Il faudrait en effet limiter la concurrence des grandes surfaces qui serait dommageable à la survie des plus petits détaillants. Que le consommateur profite de la situation actuelle pour payer ses livres moins cher devient secondaire face à la nécessité de maintenir en vie un réseau de détaillants dont l’existence serait l’incarnation vivante de la culture. Le tout est enrobé d’un discours qui tend à soustraire en partie la culture des rapports marchands habituels. J’ai déjà écrit sur le sujet et déjà défendu sur ce blogue (et ailleurs) la fameuse «exemption culturelle». Dans le dossier présent, je n’arrive tout simplement pas à assimiler le principe voulant que les consommateurs de Wal Mart et d’une petite librairie de quartier soient les mêmes et que les ventes de l’un aient des répercussions sur celles de l’autre. Je ne comprends pas non plus comment une hausse de prix va favoriser l’achat de livres et l’apparition de nouveaux lecteurs. N’oublions pas qu’il n’y a pas de détaillants de livres sans lecteurs. Je me demande enfin si la précarité des librairies n’est pas d’abord le reflet de la dématérialisation des produits culturels. Il n’y a presque plus de disquaires et il n’y aura plus bientôt de clubs vidéos. A-t-on cessé pour autant d’écouter de la musique ou de visionner des films ? Au lieu de protéger certains opérateurs, producteurs ou diffuseurs, je crois qu’il faut d’abord s’intéresser au consommateur. Même si je trouve le gouvernement fédéral imprécis dans sa démarche, j’aime mieux d’instinct des mesures qui me permettent de payer moins cher que d’autres qui me promettent de payer plus cher. Cet article Livres et téléphonie mobile: même dilemme, deux rationalités est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... La petite urgence 6 la mauvaise porte Vendredi, 23 Août 2013 19:23 Alain Vadeboncoeur Le téléphone rouge sonne à 14h34. Tout le monde se tait. Urgences-Santé: « Patient en infarctus aigu, 62 ans, douleur depuis deux heures, tension artérielle limite, sur place dans 6 minutes ». OK. L’urgence s’éveille d’un coup. Jusqu’ici, la journée était tranquille. L’équipe s’active, prépare les médicaments, on avise la salle d’hémodynamie où sera dirigé le patient, certains passent des gants. Et on attend. Je revise mentalement les prochaines minutes: confirmation diagnostique, stabilisation, voies veineuses, médicaments urgents puis transfert rapide en hémodynamie pour dilater l’artère bouchée. Sans débarquer de la civière des paramédics. Cinq minutes. Le temps, c’est du coeur. Tout délai aggrave les séquelles. On entend déjà la sirène. Puis, l’ambulance monte rapidement la rampe d’accès courbée. Enfin, les feux rouges et blancs se reflètent sur nos murs. Je cours jusqu’à l’entrée, ouvre le sas de l’urgence et me place au point prévisible d’arrêt. L’ambulance s’immobilise à reculons à six pouces de ma jambe. D’un geste sec, j’ouvre la porte arrière. Nous y sommes. « Bonjour, vous avez un… » La civière est vide. Les deux paramédics, assis à l’avant, se retournent lentement. « Vous faites quoi, là, docteur Vadeboncoeur? - Heu… L’infarctus? - Un infarctus? - Y est où? - Je sais pas. On vient pour le transfert. - Mais vos sirènes? - Quelles sirènes? - Et les… » Je recule d’un pas. C’est vrai que les lumières blanches de marche arrière et les freins rouges donnent le change. Avec un peu d’imagination. « Ah ben… Excusez - Vous avez un transfert? - Dans le C22. Pour le CHUM. - OK. » Je referme et retourne dans l’urgence. Devant la salle de choc, l’infirmière m’interroge du regard. « Rien… - Comment rien? - Ben je sais pas. Y avait pas de patient. - Trompés d’hôpital? - Je vais vérif… » J’aperçois du coin de l’oeil une ambulance gyrophares ouverts qui gravit la rampe. Je cours, ouvre le sas, m’approche, saisis la poignée de la porte jaune et d’un geste sec, j’ouvre. L’homme est couvert de sueur. « Bonjour… » Cet article La petite urgence #6: la mauvaise porte est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... Photos] La Tunisie en images Vendredi, 23 Août 2013 17:42 Chris J'y étais en vacances. De brèves velléités d'y travailler ; mais le besoin de repos, de recul et de relaxation a pris le dessus, après une année très chargée en stress. J'y ai quand même récolté quelques histoires, à écrire, à publier ici, le temps de reprendre mon souffle et de me réadapter au rythme parisien.  Lire la suite... Bonne fête inc Vendredi, 23 Août 2013 17:16 Mathieu Charlebois  Photo : Constance Bannister Corp / Getty Images Mais si vous comptez reprendre ces paroles, en français comme en anglais ou en mandarin, dans un film qui doit être distribué aux États-Unis, vous devrez casquer. Car les droits sur le texte de cette chansonnette, prétendument protégés depuis 1935, appartiennent depuis 1988 à Warner/Chappell, qui exigera de vous jusqu’à 20 000 dollars. Chaque année, la société de production américaine engrange ainsi deux millions de dollars. Vous pouvez par contre fredonner, siffloter ou pianoter le célèbre petit air sans verser de redevances. Composées en 1893, ces quelques notes, sur lesquelles on a par la suite placé les souhaits d’anniversaire, sont du domaine public aux États-Unis. Mais comment une scène peut-elle être crédible si on ne chante pas les mots ? Or, selon les recherches de deux cinéastes qui préparent un documentaire sur « Happy Birthday », Warner n’est pas en mesure de prouver que le texte a bien été publié pour la première fois en 1935. Si les deux cinéastes remportent la poursuite qu’ils ont intentée contre le géant, celui-ci pourrait devoir rembourser beaucoup d’argent. Sur-tout, un important morceau de la culture populaire appartiendrait au domaine public. Mais s’ils perdent, il faudra attendre jusqu’en 2030, la durée de protection du droit d’auteur aux États-Unis étant de 95 ans. Ce cas soulève de sérieuses questions sur la durée de la protection du droit d’auteur, qui varie d’un pays à l’autre, mais qui va toujours en s’allongeant. Comment une chanson centenaire peut-elle encore être protégée ? Pourquoi priver les artistes et le public d’un accès libre à des œuvres qu’ils pourraient remixer ou réinventer, à une époque où, justement, la réinvention et le remixage sont des modes majeurs de création ? En Europe, le premier enregistrement des Beatles, « Love Me Do », est entré dans le domaine public en janvier dernier. Datant de 1962, il avait dépassé les 50 années de protection prévues par la loi. Les Européens peuvent donc légalement utiliser « Love Me Do », la remixer et même l’intégrer à une nouvelle œuvre. Doit-on comprendre que le reste de la discographie des « quatre fabuleux » suivra bientôt ? Loin de là ! En janvier, l’Union européenne a fait passer la durée de la protection de 50 à 70 ans pour la musique enregistrée après 1963. Pour pouvoir accéder à ces 20 années supplémentaires, l’enregistrement doit cependant avoir été distribué au moins une fois. C’est pourquoi 86 pièces de Bob Dylan encore inédites ont été rassemblées et vendues à tout juste 100 exemplaires en Europe. Le titre du disque : The Copyright Extension Collection, Volume 1. Bonjour le cynisme ! Cet article Bonne fête inc. est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... Corruption la colère des Brésiliens Vendredi, 23 Août 2013 17:03 Jean-Frédéric Légaré-Tremblay  Des manifestants à Rio, fin juin, dénoncent la corruption et la violence policière. — Photo : Reuters / Luciana Whitaker Les Brésiliens, eux, ne décolèrent pas. Depuis la mi-juin, des millions de manifestants sont sortis dans les rues pour exiger un grand nettoyage. D’autant plus que cette corruption érigée en système s’accompagne d’un ralentissement majeur de la croissance économique — 0,9 % en 2012, contre 7,5 % en 2010 — et d’une augmentation des prix à la consommation et des tarifs. Un hausse de 10 cents (sur environ 1,30 $) du billet d’autobus et de métro, en juin dernier, a d’ailleurs mis le feu aux poudres. En fait, tout coûte en moyenne 7 % plus cher qu’à pareille date l’an dernier. Jusqu’ici, la réponse de la présidente, Dilma Rousseff, dont la cote d’amour est passée de 55 % à 31 % en un mois, a été plutôt timide : la corruption sera désormais un crime, et non plus un simple délit. Cet article Corruption : la colère des Brésiliens est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... Recherche scientifique au labo les Chinois Vendredi, 23 Août 2013 16:27 Valérie Borde  Photo : CDC / Science Photo Library Dans son dernier bilan des études publiées dans ses 17 revues savantes, le prestigieux groupe Nature Publishing a observé une hausse de 35 % de 2011 à 2012 du nombre d’articles signés par des chercheurs chinois installés en Chine. Même si la Chine n’a pas encore rattrapé les pays industrialisés en matière de qualité globale de la recherche, ce résultat prouve qu’il s’y fait de plus en plus de science de calibre mondial. En 2011, la Chine a produit au total 373 756 publications savantes, au deuxième rang mondial derrière les États-Unis, qui en ont publié 519 573. Le Canada est huitième, avec 80 679 publications. La Chine devrait toutefois dominer le classement du nombre d’études publiées par pays vers 2022, selon Nature. Le budget chinois de la recherche progresse de 20 % par an et a atteint 1,7 % du produit intérieur brut en 2012. En pourcentage du PIB, les dépenses de recherche au Canada étaient de 1,74 % en 2011, contre 1,85 % en 2010. 
Cet article Recherche scientifique : au labo, les Chinois ! est apparu en premier sur L'actualité. Lire la suite... Le Kazakhstan en clichés… photographiques Vendredi, 23 Août 2013 13:02 Corentin 
Au cœur du continent eurasiatique, cet immense pays reste largement méconnu en Europe. Mais quiconque ressent une attirance pour l’Asie centrale sait qu’il a beaucoup à offrir aux voyageurs qui aiment prendre la tangente et prendre leur temps. En vol pour Almaty, puis en route vers les Monts célestes Tian Shan ! « Ce qui nous vient d’abord et naturellement à l’esprit, ce sont des lieux communs, des clichés… »,
écrivait l’écrivain-voyageur André Gide dans son “Journal 1889-1939″. Effectivement… qui pense au Kazakhstan, pense trop souvent immédiatement à Borat : le personnage FICTIF de Sacha Baron Cohen – un journaliste-reporter kazakh à la fois homophobe, sexiste et raciste – dessinant les traits d’un pays d’arriérés et de barbares, où l’on prostitue les femmes et où l’on fait la chasse aux Juifs. [Lire Le Kazakhstan remercie (finalement) Borat]. Blessées dans leur susceptibilité, les autorités kazakh n’ont finalement pas mis trop longtemps avant de décolérer et de se rendre compte que, tout compte fait, mieux valait, pour le tourisme du pays, une mauvaise publicité que pas de publicité du tout. - Notre mission du jour : aller au-delà de la blague et des clichés pour vous faire découvrir quelques unes des richesses de cet immense pays d’Asie centrale, le 9è plus grand pays du monde, grand comme 5 fois la France.
Sachez d’emblée qu’à moins de parler kazakh ou russe, vous aurez toutes les peines du monde à communiquer avec les habitants, qui pratiquent peu l’anglais. D’ailleurs, les infrastructures vieillottes héritées des Empires russe puis soviétique ne sont ni très efficaces ni très confortables. Mais voilà, les incroyables paysages des steppes et des montagnes du Tien Shan et de l’Altaï se méritent. Nagyobb térképre váltás
Almaty : la porte d’entrée du paysLa capitale Astana est une ville moderne et agréable, mais ne présente pas un grand intérêt pour les touristes étrangers. Nous vous conseillons donc de ne pas organiser votre voyage en fonction de cette ville. Mieux vaut se concentrer sur la ville ville animée et cosmopolite d’Almaty, capitale du pays jusqu’en 1997, qui se trouve dans le sud du pays (cliquez pour voir les vols à destination d’Almaty). Parmi ses atouts, citons en vrac : ses nombreux parcs, le parc de Panvilov entourant la cathédrale Zenkov est le plus beau) ; la magnifique cathédrale Zenkov, justement ; les bains Arasan ; le musée central d’Etat ; le joyeux bazar de Barakholka qui proposent des produits importés de Chine et de la région. Surtout, la ville offre une vue superbe sur les montagnes environnantes du Tian Shan. Hôtels à Almaty 

Les monts célestes Tian ShanLes stations de montagne ne sont qu’à quelques kilomètres d’Almaty. Chyimbulak est l’une des meilleures stations de ski de toute l’Asie centrale. On peut par exemple pratiquer le patin à glace dans la station de sport d’hiver de Medeo. De nombreuses randonnées et treks sont possibles, au départ du lac Bolshoe Almatinskoe. Culminant à plus de 4 000 mètres, les majestueux pics du Zailiysky Alataou et du Küngey Alataou constituent le point d’orgue de beaucoup de voyageurs se rendant au Kazakhstan. Leurs paysages glaciaires sont spectaculaires. 

La réserve naturelle Aksu ZhabaglySituée dans l’ouest des monts Tian Shan, aux confins du Kirghizistan et de l’Ouzbékistan, il s’agit de la plus ancienne réserve naturelle d’Asie centrale. Ses paysages alternent entre les sommets abruptes et les haut plateaux ou paissent des troupeaux. Elle abrite une faune riche : léopard des neiges, lynx, loup, chat sauvage, chacal… 

Êtes-vous séduit ? Sources : Geo.fr et Ambassade du Kazakhstan en France Lire la suite... Nouveaux frais de visa Tunisien Vendredi, 23 Août 2013 13:00 Blog voyage Cet article Nouveaux frais de visa Tunisien est apparu en premier sur Blog voyage Tunisie : Journal et Blog voyage d'un globe trotter Tunisien par Blog voyage Sur sa page Facebook, le ministère des Affaires étrangères Tunisien, vient d’annoncer que les frais des visas d’entrées des étrangers en Tunisie ont été revus à la baisse.(...)Read the rest of Nouveaux frais de visa Tunisien (207 words) © Blog voyage for Blog voyage Tunisie : Journal et Blog voyage d'un globe trotter Tunisien, 2013. Cet article Nouveaux frais de visa Tunisien est apparu en premier sur Blog voyage Tunisie : Journal et Blog voyage d'un globe trotter Tunisien par Blog voyage Lire la suite... |
|